Ecole communale de Castaunouze

ÉCOLE COMMUNALE DE CASTAUNOUZE

La création à la fin du XIXème siècle de l’école de Castaunouze, hameau de Mazamet situé dans les gorges de l’Arnette, est une obligation communale au regard des dispositions de la Loi Jules Ferry mais aussi une nécessité pour l’instruction des nombreux enfants d’ouvriers et contremaîtres installés au plus près des industries du textile puis des usines du délainage et de mégisserie.

A partir de 1880

A partir de 1880, de grandes réalisations en faveur de l’instruction publique sont engagées sous l’impulsion de Charles Sabatié, Conseiller municipal de Mazamet pour :

« effacer cette tâche qui couvre notre département dans les statistiques de l’instruction. »

 

Des écoles laïques, maternelles et primaires pour filles et garçons, sont ouvertes à Mazamet mais aussi dans six hameaux de la commune : Roquerlan, Bousquet, Lombards, Négrin, Labrespy et CASTAUNOUZE.

En 1921

En 1921, l’école mixte de Castaunouze comprenait 26 élèves.

Les élèves de cette école habitaient Castaunouze mais aussi Hautpoul et d’autres hameaux de la montagne.

A l’origine les cours étaient dispensés dans une classe unique et mixte, située dans la partie gauche d’une maison d’habitation propriété de M. Pierre ALAUX. L’institutrice occupait avec sa famille le logement juste au-dessus, un contrat de location ayant été convenu avec la commune de Mazamet.

Elie COUSINIÉ, patron foulonnier reconverti dans la mégisserie,  rachète le bien immobilier en 1922 qu’il occupe désormais avec sa famille dans sa partie droite. 

 

L’École   (photos de 2005)

« Chez Monsieur Cousinié »

Mon école de 1923 à 1927

A gauche : la façade côté rivière, vue du pont.

 

 

A droite : côté cour (la façade était claire) à droite de l’entrée, logement de la famille Cousinié. à gauche, la salle de classe

(Photo extraite de l’ouvrage témoignage de Georges Barthas)

L’affaire  COUSINIÉ

Son foyer comprenant désormais quatre enfants ainsi que ses beaux-parents, Elie COUSINIÉ souhaite pouvoir disposer de plus de place et récupérer pour son usage personnel la totalité du bâtiment.

En 1927 Elie COUSINIÉ donne congé à la commune pour les locaux occupés par l’école avec invitation d’avoir à quitter les lieux pour le 30 mars 1927 (Séance du Conseil Municipal de Mazamet du 13 mai 1927), la commune assignée mais sans solution s’y refuse et obtient finalement en justice une prorogation jusqu’au 31 mars 1931.

Construction de la nouvelle école

Le Conseil Municipal vote le 18 février 1928 “le principe de la construction d’une école mixte à Casstaunouze”

En attendant, les locaux de l’école étant devenus trop exigus pour le nombre d’élèves qui la fréquentent, il est décidé que “les enfants français seront admis par priorité, les places vides, s’il en reste, étant données à la population étrangère”

(séance du Conseil Municipal du 22 juin 1928)

« Élève de cette première école de 1923 à 1927, Georges Barthas dans son ouvrage de témoignage « Une enfance d’autrefois », se souvient :

On n’allait pas à l’école, mais chez Monsieur Cousinié. Son logement et la classe s’abritaient sous le même toit. La même porte d’entrée donnait accès à sa porte, à droite, à la classe, à gauche.

La cour n’était pas grande et se prêtait mal aux jeux, allongée entre bâtiment, jardin de Monsieur Cousinié, et au fond, un atelier spécialisé dans le cardage de la laine.
Ma première maîtresse était une toute jeune débutante qui n’eut pas de chance, l’ampoule échappa de ses mains et creva l’œil d’un camarade. Elle fut seulement déplacée. Alors s’ouvrit le règne de Madame Barbaza.
Elle était une maîtresse femme chargée de toutes les classes, du cours préparatoire au certificat d’études qu’elle menait tambour battant.Très organisée, elle savait mobiliser sans relâche sa quarantaine d’enfants, leçon pour les uns, devoirs pour les autres. Les grandes servaient d’adjointes et faisaient lire les petits ou surveillaient leur écriture. Le régime des bons points encourageait l’effort et dix bons points donnaient droit à une image.
Nous aimions et respections Madame Barbaza et les familles appréciaient son efficacité.

À l’époque les places étaient attribuées au mérite. Jeanne et moi, invariablement les deux premiers de la section, partagions la même table.Elle était la fille du très respecté Monsieur Cousinié. Son visage, d’un ovale parfait de madone, s’éclairait d’une jolie carnation rose. Elle se tenait très droite, sérieuse, attentive, appliquée, bref l’élève modèle.

N.B. : Jeanne est devenue par la suite professeur de français au Collège Jeanne d’Arc de Mazamet (Mme Jeanne COLIN).

« Par lettre du 4 février 1929, le Ministre de l’Instruction Publique « autorise l’achat d’un terrain nécessaire à la construction de l’école mixte de Castaunouze. » (Séance du Conseil Municipal du 15 février 1929)

C’est finalement sur un terrain de 590 m² vendu par Elie COUSINIÉ à la commune de Mazamet, que la nouvelle école mixte de Castaunouze est édifiée puis ouverte en 1931.

En 1931 l’Inspecteur Primaire de Castres demande à la commune de Mazamet d’étudier la question de la création d’un emploi d’adjointe à l’École de Castaunouze, où le nombre d’élèves appartenant tous à des familles françaises dépasse 40 et où de très nombreux enfants de nationalité espagnole se trouveraient bien de pouvoir fréquenter une école bien plus voisine que celles de Mazamet qui reçoivent un certain nombre d’entre eux.

Faisant suite à la demande de Mme BARBAZA, institutrice, le Ministre autorise en mars 1932 l’ouverture provisoire d’une deuxième classe d’école mixte à dater de la rentrée des vacances de Pâques. La transformation provisoire du local s’effectue par la division de l’unique salle en deux classes séparées par une cloison de briques. (Séance du Conseil Municipal du 11 mars 1932)

 

 

 

 

Fermeture de l’école

La fin des industries du délainage et du cuir dans les gorges de l’Arnette a provoqué la migration progressive des travailleurs vers la plaine de Mazamet et des environs, générant une baisse irréversible des effectifs scolaires du hameau.

La fermeture définitive de l’école de Castaunouze est ordonnée le 31‑08‑1983.

Le bâtiment depuis les années 2000, a été transformé en gîte communal.

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